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Éducation nationale : l’interpellation de Marcel Libama et Simon Edzo cristallise une réponse sécuritaire contestée

Libreville, 20 janvier 2026 — La gestion du conflit social dans l’Éducation nationale prend un tour nettement plus coercitif. Figures centrales de la mobilisation des enseignants, Marcel Libama et Simon Edzo ont été interpellés par la Direction générale des recherches (DGR) les 19 et 20 janvier, selon plusieurs sources concordantes. Une séquence qui interroge la priorité accordée par les autorités à l’outil sécuritaire, au détriment d’une sortie de crise négociée.

D’après l’Agence gabonaise de presse (AGP), Marcel Libama a été interpellé à l’aéroport international Léon Mba alors qu’il se rendait à Port-Gentil. Des sources judiciaires évoquent des faits présumés d’entrave à l’accès au travail et de pressions sur des enseignants non-grévistes. À ce stade, aucune communication officielle n’est venue étayer publiquement ces accusations, alimentant les critiques sur l’opacité de la procédure.

Une criminalisation du mouvement syndical ?

La dernière prise de parole de Marcel Libama, diffusée la veille de son interpellation, insistait sur l’ampleur de la mobilisation à Libreville. Depuis, un argumentaire officieux met en avant son statut de retraité pour contester sa légitimité. Une ligne de défense perçue par les syndicats comme une tentative de disqualification politique, plus que comme une réponse de fond aux revendications salariales et statutaires des enseignants.

Simon Edzo, conseiller au Bureau national du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), aurait pour sa part été interpellé à son domicile. Il s’était illustré lors d’une assemblée générale appelant à maintenir la pression. Là encore, l’absence d’éléments officiels détaillant les motifs renforce le sentiment d’un traitement sécuritaire d’un conflit social.

Le risque d’une escalade

Alors que les établissements restent paralysés et que les élèves paient le prix fort de la crise, ces interpellations pourraient durcir les positions plutôt que favoriser l’apaisement. En privilégiant la contrainte, l’exécutif prend le risque d’élargir le front de contestation et de déplacer le débat du terrain social vers celui des libertés syndicales.

Dans un contexte de tensions persistantes, la séquence actuelle apparaît comme un test majeur pour la capacité des autorités à concilier maintien de l’ordre, respect des droits syndicaux et recherche d’une solution durable à une crise éducative qui s’enlise.

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