Le parti de Mays Mouissi ne communique plus : un silence politique qui interroge

Le constat est désormais largement partagé : le parti au pouvoir, dirigé au quotidien par son secrétaire général, Mays Mouissi, ne communique plus. Dans un contexte marqué par la Cinquième République, censée renforcer la redevabilité et le dialogue démocratique, ce mutisme prolongé suscite incompréhension et malaise.
Alors que la société gabonaise est confrontée à des crises majeures délitement du système éducatif, montée de l’insécurité, crimes rituels, vie chère, tensions sociales aucune parole politique forte, structurée et assumée n’émane du parti au pouvoir, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB).
Ce silence n’est plus perçu comme une stratégie de retenue. Il est interprété comme un désintérêt préoccupant pour les maux qui minent la société, voire comme une incapacité à porter un discours politique cohérent face à la gravité de la situation.
La comparaison avec l’ancien parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), s’impose alors naturellement. Malgré ses excès et ses dérives, celui-ci avait intégré une règle essentielle du pouvoir : ne jamais abandonner l’espace de la parole politique, surtout en période de crise.
Aujourd’hui, sous la responsabilité politique de Mays Mouissi, l’UDB donne l’image d’un parti absent du débat national, laissant les citoyens seuls face à leurs inquiétudes et confiant de fait le récit des crises à la rue, aux réseaux sociaux et à la rumeur.
Dans une Cinquième République qui se voulait une rupture, ce silence devient un problème politique en soi. Car un parti au pouvoir qui ne parle plus des souffrances sociales finit toujours par être jugé non sur ses intentions, mais sur son absence.




