Libreville : un cabinet municipal plus vaste que celui d’un président ? La gouvernance d’Obame Etoughe sous le feu des critiques

À Libreville, la polémique autour de la composition du cabinet du maire Pierre Matthieu Obame Etoughe ne cesse de prendre de l’ampleur. Quelques mois seulement après son installation à la tête de la capitale gabonaise, l’édile fait face à une vague de critiques sur ce que plusieurs observateurs qualifient désormais de cabinet municipal hors norme.
Selon des documents administratifs et des informations relayées dans plusieurs cercles politiques, près de 186 personnes auraient déjà été nommées au sein du cabinet du maire central. Mais en interne, certaines sources évoquent un chiffre bien plus élevé, pouvant approcher ou dépasser les 300 collaborateurs en l’espace de quelques mois.
Une situation qui choque de nombreux analystes pour une raison simple : un tel volume de collaborateurs dépasse parfois la taille du cabinet de certaines présidences de la République, pourtant chargées de la gestion de l’ensemble de l’appareil d’État.Pour plusieurs observateurs de la vie publique, la question n’est donc plus seulement administrative, mais profondément politique.
Comment une mairie, dont les compétences restent limitées à la gestion urbaine locale, peut-elle se doter d’un appareil politique plus vaste que celui de certaines institutions nationales ?Dans les couloirs de l’administration municipale, les interrogations sont nombreuses. Conseillers, chargés de mission, attachés de cabinet et chargés d’études se multiplient dans un organigramme que certains décrivent comme une véritable architecture ministérielle transposée au niveau communal.
Cette inflation de postes apparaît d’autant plus difficile à comprendre que, dans le même temps, les budgets des arrondissements seraient plafonnés à environ 70 millions de FCFA, alors même que la capitale fait face à des défis majeurs : voiries dégradées, inondations récurrentes, gestion des déchets, urbanisation anarchique et insuffisance des services municipaux.
Pour plusieurs élus municipaux, la situation pose une question de priorités politiques. Faut-il concentrer les ressources publiques dans un cabinet administratif hypertrophié ou les orienter vers les besoins concrets des populations ?En coulisses, certains responsables politiques dénoncent déjà une dérive clientéliste, estimant que les nominations successives s’apparentent davantage à une redistribution politique de postes qu’à une structuration rationnelle de l’administration municipale.



