Gabon : Moundounga et Barro Chambrier nommés – Une réorganisation attendue, mais sans suspense réel
Libreville, 5 mai 2025 | Par la rédaction de Gabonactu24
C’était prévisible, c’est désormais officiel. Par décret présidentiel, Séraphin Moundounga, ancien Président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) de la Transition, est nommé Vice-Président de la République. À ses côtés, Alexandre Barro Chambrier, qui occupait jusqu’à récemment le poste de Vice-Premier ministre chargé de la Planification, devient Vice-Président chargé du Gouvernement.
Deux figures centrales de la Transition, désormais recyclées dans les plus hautes sphères de la 5e République.
Des visages connus dans un décor rénové
Moundounga, ancien ministre de la Justice sous Ali Bongo , avait retrouvé la lumière en dirigeant le CESE de Transition un organe largement consultatif dont l’influence sur les grands choix de la période reste à démontrer. Barro Chambrier, quant à lui, fut l’un des piliers du gouvernement de la Transition, avec des responsabilités stratégiques liées à la planification.
Leur ascension dans la nouvelle République laisse peu de place au doute : la Transition a servi de tremplin, non de filtre. Une rampe de lancement politique pour certains, loin de l’élan de renouvellement espéré par une grande partie de la population.
Une rupture dans le discours, pas dans les actes
Alors que le pays inaugure officiellement la 5e République, ces nominations ressemblent davantage à une redistribution des rôles entre initiés qu’à une ouverture vers de nouveaux horizons politiques. Les acteurs civiques et la jeunesse, qui ont massivement soutenu la promesse de changement, pourraient vite se sentir trahis.
Les mots forts brandis depuis le 30 août 2023 “rupture”, “restauration”, “refondation” semblent aujourd’hui sonner creux. Le décor constitutionnel a changé, mais les dynamiques de pouvoir, elles, restent étonnamment familières.
Deux hommes d’expérience, deux parcours de haute facture
Il serait injuste de ne pas reconnaître la hauteur d’engagement et la connaissance de l’appareil d’État que ces deux figures apportent. Moundounga, juriste de renom, ancien ministre et président du CESE de Transition, incarne une certaine rigueur républicaine. Quant à Barro Chambrier, économiste formé à la Banque mondiale, ancien Vice-Premier ministre en charge de la Planification, il traîne avec lui une solide réputation de technocrate compétent.
Ce sont deux hommes d’État chevronnés, forgés dans les arcanes du pouvoir et souvent portés au-devant des réformes majeures. Leur nomination, pour certains, rassure dans un contexte où l’expertise est cruciale pour stabiliser le pays et enclencher les chantiers de reconstruction.
La stabilité contre le risque, ou le choix de la prudence
Le président de la République semble avoir privilégié des profils capables d’assurer la stabilité de l’État, dans un contexte encore fragile. Ce pari peut être compris. Mais il devra s’accompagner de gestes forts en direction de la jeunesse, de la société civile, et des acteurs du renouveau démocratique.
Construire une République différente ne se résume pas à changer d’intitulés institutionnels. Cela exige un profond renouvellement des pratiques, des visages, et des mentalités.



