Gabon : Le LRA de Stéphane Iloko Boussengui dresse un bilan en demi-teinte de l’« An I » d’Oligui Nguema

À l’approche du premier anniversaire de la prestation de serment du président de la Transition, le leader du Large Rassemblement Arc-en-ciel (LRA) a rompu le silence ce 2 mai à Libreville. Entre reconnaissance des avancées et alertes sur les dérives institutionnelles, Stéphane Germain Iloko Boussengui prône une « troisième voie » centriste pour stabiliser le pays.
Le Gabon s’apprête à célébrer, ce 4 septembre, un an de transition sous l’égide du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Si l’effervescence populaire du « coup de libération » semble encore flotter dans l’air librevillois, l’heure est désormais à l’examen clinique de l’action publique. C’est à cet exercice que s’est prêté Stéphane Germain Iloko Boussengui, président du LRA, lors d’une conférence de presse très attendue.
Une espérance mise à l’épreuvePour le patron du LRA, cette première année est celle d’un paradoxe. Si le discours d’investiture de Brice Clotaire Oligui Nguema avait allumé une flamme d’espoir, le processus politique qui s’est ensuivi suscite, selon lui, des « signaux préoccupants ».Affichant une posture résolument centriste, M. Iloko Boussengui a décrit son positionnement comme un garde-fou républicain. « Un choix de l’équilibre », soutient-il, qui n’aurait pourtant pas suffi à empêcher un « déséquilibre institutionnel préoccupant ». Le leader politique pointe du doigt une concentration des pouvoirs qui pourrait, à terme, fragiliser l’édifice démocratique que la Transition est censée reconstruire.
Interrogé sur le sort de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, actuellement en détention, Stéphane Germain Iloko Boussengui a choisi la carte de la prudence institutionnelle. Refusant de céder au tribunal médiatique, il a rappelé que la politisation des dossiers judiciaires est un « terrain dangereux ».
Tout en exigeant le respect strict de la présomption d’innocence et de la dignité humaine, il a exhorté la classe politique tant de la majorité que de l’opposition à ne pas céder à la « radicalisation ». Pour lui, la Transition ne doit pas se transformer en un règlement de comptes personnel, mais rester un « combat d’idées ».Force de proposition : Le chantier de la CNAMGSLoin de se cantonner à la critique, le LRA entend jouer son rôle de laboratoire d’idées.
Le parti a annoncé la création imminente d’un comité d’experts pluridisciplinaires dédié à la crise de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS). En s’attaquant à ce pilier chancelant de la protection sociale, le LRA espère transformer la « plainte » en « solution », s’imposant ainsi comme un acteur incontournable du dialogue national à venir.À l’aube de l’An II de la Transition, la sortie du LRA sonne comme un avertissement amical mais ferme : la lune de miel est terminée, place à l’exigence de résultats et au rétablissement des équilibres démocratiques.


