SOCIETE

Grève illimitée à la CNNII : 19 mois de salaires impayés, le SOS désespéré lancé au Président Oligui Nguema

Par la RédactionLibreville, le 7 janvier 2026

Le pavillon est en berne à la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII). Réunis sous la bannière du syndicat SIGAMA, les agents ont entamé une grève illimitée pour réclamer leur dû. Face à l’ampleur du sinistre social – près de 20 mois d’arriérés de salaires cumulés – et au silence de leur direction, ils s’en remettent désormais à l’arbitrage direct du Chef de l’État, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema.

C’est un cri de détresse qui monte des quais. Depuis le début de la semaine, l’activité est paralysée au sein de la compagnie publique de transport fluvial et maritime. À l’origine de ce débrayage : une précarité devenue insoutenable pour des centaines de pères et mères de famille qui travaillent sans rémunération régulière depuis des années.

Portée par Madola Bokamba, président du syndicat SIGAMA (affilié à la CGT-FL), la colère des agents repose sur un bilan comptable vertigineux. La dette salariale réclamée s’élève à 19 mois et demi.

L’arithmétique de la misère

Les grévistes ont détaillé la chronologie de cette descente aux enfers financière :

  • 1 mois d’arriéré en 2019 ;
  • 2 mois et demi en 2020 ;
  • 11 mois pour la seule année noire de 2022 ;
  • 5 mois en 2023 ;
  • Et déjà 2 mois impayés pour l’année 2025 qui vient de s’achever.

« Comment peut-on demander à des agents d’assurer une mission de service public quand ils cumulent près de deux ans de travail non payé ? », s’interroge un délégué syndical. À ce passif s’ajoutent le non-paiement des cotisations sociales (CNSS), privant les retraités de leurs pensions et les agents de couverture maladie, ainsi que le gel des droits légaux.

Recrutements incompréhensibles

Ce qui attise particulièrement la fronde, c’est le paradoxe de la gestion actuelle. Alors que la direction argue de difficultés de trésorerie pour ne pas apurer la dette sociale, le syndicat révèle que l’entreprise a procédé au recrutement récent de 33 nouveaux employés et de plusieurs stagiaires.

Une décision jugée « provocatrice » par les partenaires sociaux, qui dénoncent l’incohérence d’augmenter la masse salariale alors que les agents en poste ne sont pas payés. Le silence du Conseil d’administration face à cette gestion est également pointé du doigt.

L’espoir d’une intervention présidentielle

Pour les grévistes, le dialogue interne est rompu. Ils gardent en mémoire l’accalmie de 2024, où l’intervention du groupe Ebomaf avait permis un répit et un début de régularisation. Mais la situation s’étant de nouveau dégradée, ils appellent le Président de la Transition à se saisir personnellement du dossier pour « restaurer un climat social apaisé ».

En attendant une réponse du Palais du Bord de Mer, les navires restent à quai, isolant un peu plus les populations de l’intérieur qui dépendent de ce service public vital.

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