SOCIETE

Rentrée paralysée : Le SENA et le Synetecpro durcissent le ton et reconduisent la grève

Par la RédactionLibreville, le 7 janvier 2026

Les salles de classe sont restées désespérément vides ce mercredi matin. Alors que la rentrée des classes après les congés de fin d’année devait marquer la reprise des cours lundi dernier, le bras de fer entre le gouvernement et les partenaires sociaux s’intensifie. Réunis en assemblée générale hier, le SENA et le Synetecpro ont voté la poursuite du mouvement de grève jusqu’au 9 janvier, plongeant l’école gabonaise dans une nouvelle zone de turbulences.

L’année 2026 commence mal pour le système éducatif gabonais. L’espoir d’une reprise sereine des enseignements s’est envolé mardi 6 janvier, à l’issue de la concertation très attendue entre les leaders du Syndicat de l’Éducation Nationale (SENA) et ceux du Syndicat National de l’Enseignement Technique et Professionnel (Synetecpro).

Le constat dressé par les syndicalistes est sans appel : les lignes ne bougent pas. Malgré une rencontre il y a quelques semaines avec le ministre de l’Éducation Nationale par intérim, les promesses tardent à se matérialiser en actes concrets. Face à ce qu’ils qualifient d’inertie, les deux puissantes centrales ont décidé de maintenir la pression.

Un cahier de charges structurel

Les revendications portées par les grévistes ne sont pas nouvelles, elles sont structurelles. Au cœur de la colère enseignante figure l’éternel dossier des situations administratives. Recrutements en attente, intégrations, titularisations, avancements bloqués ou encore reclassements après stage : c’est toute la carrière de l’enseignant qui semble grippée par la bureaucratie.

À cela s’ajoutent des urgences financières vitales pour les agents : le paiement des rappels de solde, le versement de la prime d’éloignement pour ceux qui exercent dans l’arrière-pays (zones rurales), et le règlement des arriérés de salaires “arbitrairement suspendus”.

Pour sortir de cet imbroglio administratif, les syndicats exigent une mesure pragmatique : la mise en place d’un guichet unique spécial. Une structure qui permettrait enfin d’accélérer le traitement des dossiers et de mettre fin au parcours du combattant de l’enseignant gabonais.

Les élèves, victimes collatérales

Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Depuis la date officielle de reprise lundi 5 janvier, les établissements publics sont à l’arrêt. Les élèves, revenus de congés, trouvent portail clos ou classes vides.

Cette reconduction de la grève jusqu’au vendredi 9 janvier laisse planer le spectre d’une semaine blanche, voire d’une perturbation plus longue si le gouvernement ne réagit pas d’ici la fin de la semaine. Pour les parents d’élèves, l’inquiétude grandit face à ce nouveau débrayage qui fragilise encore un peu plus le calendrier scolaire.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement de transition, sommé d’apporter des réponses rapides pour éviter que 2026 ne devienne une année noire pour l’éducation nationale.

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