Gabon – Crise éducative : SOS Éducation estime les conditions réunies pour une reprise progressive des cours

Après plusieurs semaines de paralysie du système éducatif public, une éclaircie semble se dessiner à l’horizon. Le mouvement SOS Éducation, par la voix de ses représentants provinciaux, a annoncé le 27 janvier 2026 que les conditions d’une reprise progressive des cours dans les établissements primaires et secondaires publics seraient désormais réunies.
Cette déclaration intervient à l’issue de trois jours de discussions intensives avec les autorités gouvernementales. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, les neuf membres mandatés par la branche dite « de la base » ont salué leur intégration formelle au cadre de négociation, ainsi que les réponses jugées favorables apportées à plusieurs revendications majeures du mouvement.
Des avancées obtenues sur des points clés
Parmi les préalables posés par SOS Éducation figurait notamment la libération de deux figures syndicales interpellées dans le contexte du conflit social, présentée comme une condition indispensable à tout apaisement durable. Selon les porte-paroles provinciaux, cette exigence aurait été satisfaite dans le cadre d’un protocole d’accord additionnel, annexé à celui précédemment signé avec les organisations syndicales reconnues.
Ce document intégrerait également plusieurs engagements de l’État, parmi lesquels la mise en solde immédiate des sortants des écoles normales (ENS et ENI), la prise en compte administrative des enseignants bénévoles, ainsi qu’un chronogramme détaillé pour la régularisation de près de 4 000 dossiers en attente, auxquels s’ajouteraient environ 1 000 nouveaux cas.
Pour les représentants de SOS Éducation, ces concessions constituent des « avancées significatives » susceptibles de modifier la dynamique du mouvement et de favoriser une sortie de crise progressive.
Une reprise conditionnée à un suivi rigoureux
Tout en appelant à la responsabilité collective dans l’intérêt des élèves et de l’année scolaire en cours, le mouvement se veut prudent. Les responsables de la base insistent sur la nécessité d’un suivi strict des engagements pris par les pouvoirs publics, assuré par un comité de travail conjoint mis en place à l’issue des négociations.
« Nous avons formulé des revendications claires, et la quasi-totalité a été prise en compte », ont-ils affirmé, invitant néanmoins les enseignants à demeurer mobilisés et vigilants afin de garantir l’application effective des mesures annoncées.
Un tournant possible pour l’école gabonaise
Pour de nombreux observateurs, cette séquence marque un moment charnière dans une crise qui a profondément affecté le fonctionnement de l’école gabonaise, exposant une fois de plus les fragilités structurelles du système éducatif et la complexité du dialogue social dans ce secteur stratégique.
Reste désormais à savoir si les engagements pris seront traduits en actes concrets dans les délais annoncés. De cette crédibilité dépendra non seulement la reprise effective des cours, mais aussi la confiance durable entre l’État et les acteurs du monde éducatif.



