Gabon : 20 enseignants payés, 148 laissés en attente , le symbole d’une gestion qui interroge

Le gouvernement gabonais pensait sans doute calmer le front social dans l’éducation nationale en annonçant la mise en solde progressive des enseignants sortants école. Mais la réalité administrative vient produire l’effet inverse : pour le mois de février, seuls 20 enseignants bénéficieront finalement de la mise en solde, alors que 148 autres devront patienter jusqu’en mars. Une décision qui soulève de sérieuses interrogations sur la cohérence de la gestion publique et la crédibilité de la parole institutionnelle.
Une promesse politique fragilisée par la réalité administrative
Le chronogramme initial devait servir de levier d’apaisement dans un climat social déjà tendu. Les autorités avaient présenté la mise en solde progressive des enseignants comme un signal fort en faveur du dialogue social et de la stabilité de l’année scolaire. Or, l’annonce d’un renversement du calendrier 20 bénéficiaires en février, le reste en mars vient brutalement fragiliser cette stratégie.
L’argument avancé par la ministre de la Fonction publique, évoquant des « soucis techniques » et un manque de temps matériel, pose une question centrale : comment un processus annoncé publiquement peut-il se heurter, à la dernière minute, à des contraintes administratives aussi fondamentales ? Cette dissonance entre discours politique et capacité d’exécution nourrit inévitablement le scepticisme des acteurs éducatifs.
Une confiance sociale sous pression
Dans un contexte où les enseignants avaient accepté de reprendre les cours en misant sur la parole gouvernementale, ce revirement risque d’être interprété comme un nouveau décalage entre promesses et réalités. La confiance, déjà fragile, devient alors une variable instable.Plus qu’un simple retard administratif, l’affaire met en lumière un problème récurrent : la gestion prévisionnelle des ressources humaines dans la fonction publique. Chaque crise salariale dans l’éducation finit par produire le même effet une perte progressive de crédibilité institutionnelle et une montée de la frustration chez des agents essentiels au fonctionnement du service public
Le mois de mars sera donc décisif. Si la mise en solde annoncée des 148 enseignants restants se concrétise, le gouvernement pourra limiter les dégâts et restaurer partiellement la confiance. En revanche, tout nouveau report risquerait d’alimenter une crise plus profonde, dont l’école déjà fragilisée ferait les frais.Car au fond, la question n’est pas seulement financière : elle touche à la crédibilité de l’État et à sa capacité à transformer ses engagements en actes concrets.




