Gabon : la HAC, du régulateur au contrôleur du web ?

Libreville — Avec les nouvelles ordonnances numériques, la Haute autorité de la communication (HAC) franchit un seuil inédit : elle ne régule plus seulement les médias, elle étend désormais son influence à l’ensemble du web gabonais.
Sur le papier, l’objectif est clair : lutter contre la désinformation, encadrer les dérives et protéger l’ordre public. Mais dans les faits, le dispositif concentre entre les mains d’une seule institution un pouvoir considérable sur les contenus en ligne.
La HAC peut désormais surveiller, interpréter et sanctionner des publications jugées “illicites”, sur la base de notions parfois floues comme l’atteinte à la “stabilité des institutions” ou à la “sécurité administrative”.
Des formulations suffisamment larges pour englober des contenus très différents de la manipulation avérée à la simple critique politique.C’est là que réside le principal point de tension. En devenant arbitre du web, la HAC se retrouve de facto en position d’influencer le débat public numérique.
Or, son indépendance reste questionnée, ses membres étant désignés par des autorités politiques.Le risque n’est donc pas uniquement juridique, il est aussi démocratique : celui de voir la régulation glisser vers le contrôle.



