ACTUALITES

AGP : quand l’agence publique d’information glisse vers la propagande politique

Il est des dérives qui ne relèvent plus de l’erreur éditoriale, mais du renoncement professionnel. La récente publication de l’Agence Gabonaise de Presse relative à la sortie médiatique d’Alain-Claude Bilie-By-Nze en est une illustration inquiétante.


En s’autorisant des jugements de valeur, des formules moralisatrices et une disqualification à peine voilée d’un acteur politique de l’opposition, l’AGP ne fait plus œuvre d’information. Elle prend parti. Et lorsqu’une agence publique prend parti, ce n’est plus du journalisme : c’est une ligne politique financée par l’État.


Une agence de presse n’a ni à dire qui doit parler, ni à suggérer qui aurait dû se taire. Son rôle est de rapporter les faits, contextualiser, vérifier, équilibrer. Le reste l’opinion, la condamnation, l’ironie politique appartient aux éditorialistes indépendants, pas à une structure publique censée servir tous les citoyens, y compris ceux qui critiquent le pouvoir.


Le plus grave n’est pas le ton.Le plus grave est le signal institutionnel envoyé : celui d’un média d’État qui se permet d’arbitrer le débat démocratique, de distribuer les bons et les mauvais points politiques, et de normaliser l’idée qu’une opposition doit être corrigée plutôt qu’informée.


En agissant ainsi, l’AGP s’expose à une accusation lourde : celle de s’être transformée en outil de communication politique, là où elle devrait être un pilier de la neutralité républicaine. Or, une presse publique qui perd sa crédibilité ne fragilise pas seulement son image ; elle affaiblit l’État qu’elle prétend défendre.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button