ACTUALITES

Gabon : face aux accusations de Sylvia Bongo, le gouvernement durcit le ton et menace certains médias

Libreville — Le gouvernement gabonais a choisi la fermeté. Lors d’une conférence de presse tenue le 8 mars à Libreville, le ministre de la Communication Germain Bihadjow a dénoncé les « contre-vérités » de l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba, tout en évoquant la possibilité de suspendre certains médias internationaux accusés de relayer des informations non vérifiées.

Les accusations de Sylvia Bongo, exprimées notamment sur France 24, portent sur des violences et des actes de torture qu’elle affirme avoir subis durant sa détention. Des déclarations que le gouvernement rejette catégoriquement, assurant que l’ancienne Première dame, son fils Noureddine Bongo Valentin et leurs co-accusés ont été traités dans le respect du droit et de la dignité humaine.

Mais au-delà de la dénégation officielle, la sortie du ministre illustre surtout la nervosité croissante du pouvoir face à la bataille du récit politique autour de la transition ouverte après la chute d’Ali Bongo Ondimba et l’arrivée au pouvoir du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions.

En brandissant la menace de suspendre certains médias étrangers, les autorités prennent le risque d’alimenter les critiques sur la liberté de la presse. Car dans un contexte de transition politique, la tentation de contrôler le récit médiatique peut rapidement être perçue comme une volonté de verrouiller le débat public.Le gouvernement affirme pourtant vouloir ouvrir un dialogue à travers un forum citoyen sur la régulation de l’espace numérique, sous l’égide de la Haute Autorité de la Communication.

Mais pour de nombreux observateurs, la véritable question reste ailleurs : la transition peut-elle accepter la contradiction et la critique, ou cherchera-t-elle à encadrer de plus en plus strictement l’espace médiatique ?Car au-delà de la polémique autour de Sylvia Bongo, c’est la crédibilité démocratique de la transition gabonaise qui se joue désormais sur le terrain de la liberté d’expression et de la transparence.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button