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Pénurie de gaz : Les explications de la SGEPP peinent à convaincre face à la détresse des ménages

Par la RédactionLibreville, le 7 janvier 2026

Alors que le Grand Libreville traverse sa deuxième semaine de pénurie de gaz butane, la sortie médiatique de la Société Gabonaise d’Entreposage de Produits Pétroliers (SGEPP) laisse un goût d’inachevé. Si l’opérateur public assure que ses cuves sont pleines, son refus d’endosser la moindre responsabilité dans la crise actuelle passe mal auprès d’une population livrée à elle-même et à la spéculation.

La situation devient intenable dans les ménages. Depuis le lendemain des fêtes, trouver une bouteille de gaz relève du parcours du combattant. Dans les quartiers, la rareté du produit a immédiatement réveillé les vieux démons de la spéculation : les prix flambent chez les revendeurs informels, mettant à rude épreuve le panier de la ménagère déjà fragilisé.

Un ping-pong administratif inaudible

Face à la grogne qui monte, la SGEPP a tenté d’éteindre l’incendie par un communiqué technique. En rappelant que son rôle se limite au stockage et en renvoyant la balle aux sociétés de commercialisation (les « marketeurs » comme TotalEnergies, Vivo ou PetroGabon), l’entreprise se dédouane à bon compte.

Certes, la distinction est juridiquement fondée. Mais cette bataille de périmètre a quelque chose d’indécent pour le consommateur final. En affirmant couvrir « 90 % de la demande » en termes de stocks tout en constatant les dépôts vides, la SGEPP avoue implicitement une dysfonction majeure de la chaîne qu’elle est censée alimenter. Dire « ce n’est pas nous, c’est eux » ne remplit pas les marmites.

L’absence de régulation pointée du doigt

Cette crise met surtout en lumière la fragilité du système de distribution gabonais et la timidité de la puissance publique. Comment expliquer qu’avec des stocks disponibles, la fluidité ne soit pas assurée ? Le silence des marqueteurs, désignés comme responsables par la SGEPP, est tout aussi problématique que la communication défensive de l’entité publique.

Pour les observateurs, cette situation révèle un manque d’anticipation et de fermeté de la part de la tutelle. Laisser les acteurs se renvoyer la responsabilité pendant que les Librevillois trinquent témoigne d’une certaine légèreté dans la gestion d’un produit de première nécessité.

Au-delà des communiqués rassurants, les Librevillois attendent désormais des actes : un retour immédiat du gaz dans les points de vente et des sanctions contre ceux qui organisent, par incompétence ou par malice, cette pénurie artificielle.

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