Foncier : Oligui Nguema met la pression pour accélérer la délivrance des titres


Libreville – Le dossier foncier, longtemps considéré comme l’un des nœuds administratifs les plus sensibles du pays, revient au centre de l’agenda présidentiel. En audience avec une délégation conduite par le ministre du Logement, Mays Mouissi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a salué les premiers résultats de la réforme engagée dans le secteur.
Selon les chiffres communiqués, 5 224 dossiers ont été traités en trente jours, un volume présenté comme une rupture avec les lenteurs administratives passées.
Un signal politique fort
Dans un pays où l’insécurité foncière nourrit conflits, occupations irrégulières et blocages économiques, l’accélération annoncée vise un objectif clair : restaurer la confiance. L’instruction présidentielle est ambitieuse : 50 000 titres supplémentaires à délivrer cette année.
Au-delà du chiffre, l’enjeu est stratégique. Le titre foncier ne représente pas seulement un document administratif ; il conditionne l’accès au crédit bancaire, la valorisation patrimoniale et la stabilité sociale des familles.
Le défi du guichet unique
Autre annonce majeure : la mise en place d’un guichet unique pour centraliser et simplifier les procédures. Si elle est effectivement opérationnelle, cette mesure pourrait réduire les délais, limiter les intermédiaires et freiner certaines pratiques opaques qui ont longtemps entaché le secteur.
Mais l’efficacité d’un guichet unique dépendra de sa digitalisation réelle, de la traçabilité des dossiers et du contrôle des circuits administratifs.
Le plafonnement à 600 000 FCFA : accessibilité ou équilibre fragile ?
La décision de plafonner le coût du titre foncier à 600 000 FCFA se veut un geste social fort. Elle répond à une préoccupation majeure : permettre aux ménages modestes d’accéder légalement à la propriété.
Reste toutefois la question de la soutenabilité financière du dispositif. La réforme devra concilier accessibilité sociale et viabilité administrative, sous peine de créer un engorgement si la demande dépasse la capacité réelle de traitement.
Entre volontarisme et capacité d’exécution
L’accélération imprimée par le chef de l’État traduit une volonté de rupture avec les pratiques antérieures. Mais dans le domaine foncier, l’histoire administrative du Gabon invite à la prudence : les réformes les plus ambitieuses se heurtent souvent à la complexité technique des dossiers, aux litiges anciens et aux chevauchements cadastraux.
Si les 5 224 dossiers traités en un mois constituent un signal encourageant, la réussite de la réforme se mesurera sur la durée : transparence des procédures, réduction effective des délais et sécurisation juridique durable.




