Affaire Bob Mengome : silence administratif et zones d’ombre autour des droits de visite

Libreville – L’affaire prend une tournure préoccupante. L’organisation SOS Prisonniers Gabon a saisi, le 9 février 2026, le procureur général près la Cour d’appel de Libreville pour dénoncer la situation de Bob Mengome, détenu depuis le 19 janvier à la prison centrale de Libreville pour trouble à l’ordre public.Au cœur du signalement : la privation répétée de contacts familiaux malgré l’existence d’un permis de communiquer régulièrement délivré par le tribunal.
Un permis délivré… mais non exécuté ?
Selon SOS Prisonniers, les parents du détenu auraient été refoulés à plusieurs reprises, la dernière tentative datant du 8 février. Aucune décision écrite ne viendrait justifier ces refus.Dans un État de droit, la restriction d’un droit de visite ne peut relever d’une simple pratique administrative. Elle doit être motivée, encadrée et notifiée. L’absence de décision formelle pose donc question.Le silence administratif, dans ce type de dossier, nourrit inévitablement les soupçons d’arbitraire.
Présomption d’innocence et droits fondamentaux
Bob Mengome est poursuivi pour trouble à l’ordre public. À ce stade, il demeure juridiquement présumé innocent. Or, la privation prolongée de contacts familiaux, sans base écrite apparente, peut être interprétée comme une sanction anticipée.Les droits des détenus, même en détention préventive, sont protégés par les textes nationaux et les engagements internationaux ratifiés par le Gabon. La communication avec la famille n’est pas un privilège discrétionnaire ; elle constitue un droit encadré.
Une gestion pénitentiaire sous observation
La prison centrale de Libreville a déjà été pointée du doigt par le passé pour des problématiques liées aux conditions de détention et à la gestion des droits des détenus. Ce nouveau signalement relance le débat sur la transparence administrative au sein de l’établissement.Si une restriction exceptionnelle existe dans ce dossier, elle gagnerait à être clarifiée officiellement. À défaut, le flou entretient un climat de méfiance.
Une interpellation qui dépasse un cas individuel
En saisissant le procureur général, SOS Prisonniers ne se limite pas à un plaidoyer individuel. L’organisation pose une question plus large : celle du respect effectif des garanties judiciaires dans le traitement des personnes détenues.Dans un contexte national où les autorités affirment vouloir renforcer l’État de droit et la modernisation institutionnelle, ce dossier devient un test de cohérence.



