Mouila : la marche vers Libreville, nouveau moyen de se faire entendre ?

Des commerçantes du Carrefour Moussa ont entamé une marche en direction de Libreville afin de rencontrer le président de la République et la Première dame. Elles souhaitent exprimer leur soutien au couple présidentiel, tout en réclamant la construction d’un marché, d’une caserne de sapeurs-pompiers, de routes et d’écoles.
À Mouila, cette scène devient presque une habitude. Après d’autres groupes de citoyens ayant choisi la marche vers Libreville pour faire entendre leurs revendications, ce sont désormais des commerçantes qui empruntent le même chemin. Un constat qui traduit moins une simple mobilisation qu’un profond dysfonctionnement des mécanismes de dialogue entre les populations et les autorités.
Comment expliquer qu’au XXIᵉ siècle, des citoyens estiment qu’il faut parcourir des centaines de kilomètres à pied pour espérer attirer l’attention sur des besoins aussi élémentaires ? Cette situation pose une question essentielle : les institutions locales jouent-elles encore pleinement leur rôle ? Si les habitants ne font plus confiance aux canaux administratifs, c’est toute la chaîne de gouvernance qui se trouve interrogée.
Au-delà du symbole, cette marche révèle une réalité préoccupante : pour certains citoyens, l’accès au chef de l’État semble être perçu comme le seul moyen d’obtenir des réponses à des problèmes qui devraient pourtant être traités au niveau local. Un paradoxe qui met en lumière les limites de la décentralisation et le fossé persistant entre les attentes des populations et le fonctionnement des institutions.

