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Gouvernement gabonais : Remaniement, les gardiens du temple restent, les têtes brûlées sautent

LIBREVILLE – Pour son premier acte politique de l’an 2026, le général-président Brice Clotaire Oligui Nguema a tranché. Le remaniement dévoilé le 1er janvier n’est pas le grand ménage de printemps espéré par la classe politique, mais une opération de fortification chirurgicale. En sanctuarisant ses piliers régaliens, le Palais du Bord de mer a pris soin d’écarter les personnalités jugées trop autonomes, reprenant ainsi une main de fer sur les cordons de la bourse et la stratégie nationale.

Par la Rédaction

​Le décret, lu avec solennité par Murielle Minkoue Mezui, ne se contente pas de ramener l’équipe à 29 membres. Il acte une mutation profonde de l’exercice du pouvoir. Après deux ans de transition « inclusive », l’heure est désormais au resserrement des rangs autour d’un commando de fidèles, taillé pour l’efficacité et, surtout, pour la loyauté.

​La sanctuarisation des « Gardiens du temple »

​Le message envoyé aux chancelleries et aux marchés est sans équivoque : les fondations de la nouvelle République ne bougeront pas. Le trio de tête des ministres d’État, véritables paratonnerres du régime, est reconduit dans ses fonctions :

  • Brigitte Onkanowa demeure à la Défense Nationale, garantissant le verrouillage sécuritaire.
  • Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conserve les Transports et la Logistique, piliers de la relance économique par les grands travaux.
  • Camelia Ntoutoume-Leclercq garde l’Éducation Nationale, signe de la continuité des réformes sociales prioritaires.

​En gelant ces postes, Oligui Nguema privilégie la maîtrise des dossiers et la stabilité institutionnelle au détriment du renouveau de façade.

​L’éviction des « Têtes brûlées »

​Mais si les gardiens restent, les têtes brûlées, elles, ont été débarquées. Le départ de figures historiques de la transition comme Paul-Marie Gondjout (Communication) ou Séraphin Akure Davain (Justice) marque la fin d’une ère de cohabitation politique. Ces personnalités, dotées d’un fort tempérament et d’une base électorale indépendante, ont été remplacées par des profils jugés plus malléables ou plus techniques, à l’instar d’Augustin Emane à la Justice.

​Le cas le plus frappant reste le sacrifice d’Henri-Claude Oyima. Le banquier de la transition, dont l’indépendance de ton commençait à peser, cède sa place à Thierry Minko. Ce dernier, épaulé par un ministre délégué au Budget (Marc Abeghe), place désormais l’Économie sous la surveillance directe de la Présidence.

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