Camelia Ntoutoume Leclercq : six ans à l’Éducation nationale, la longévité d’une Dame de fer

Libreville, 2 janvier 2026 — Rares sont les ministres capables de traverser les changements de régime et de conserver leur influence. Mme Camelia Ntoutoume Leclercq, rappelée à la tête du ministère de l’Éducation nationale par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, s’apprête à franchir le cap symbolique de six années en poste. Une longévité exceptionnelle dans un ministère traditionnellement fragile, mais qui soulève des interrogations sur la concentration des responsabilités et la dépendance du pouvoir à certaines personnalités.
Stabilité au prix de la centralisation
Depuis 2020, Mme Leclercq a su naviguer avec habileté dans un ministère confronté à des crises structurelles : réformes curriculaires inachevées, infrastructures insuffisantes, encadrement des enseignants encore perfectible. Sa capacité à maintenir la continuité administrative explique, en grande partie, la confiance renouvelée que lui accorde le président. Mais cette fidélité souligne également une réalité politique : le gouvernement semble miser sur quelques figures éprouvées plutôt que sur un renouvellement plus large des cadres, au risque de freiner l’innovation.
Un parcours académique au service du pouvoir
Diplômée en gestion managériale, en sciences politiques et en communication, et formée à l’École nationale d’administration en France, Mme Leclercq dispose d’une légitimité intellectuelle indéniable. Mais si ses compétences sont incontestables, elles n’ont pas toujours été suffisantes pour transformer en profondeur un ministère confronté à des défis complexes et persistants. Son expertise semble ici autant valorisée pour sa capacité à gérer que pour sa loyauté auprès du chef de l’État.
La longévité, atout ou alibi ?
Analystes et observateurs politiques notent le paradoxe : sa longévité est un signe de compétence et de stabilité, mais elle interroge sur la capacité de l’État à construire des relais institutionnels solides. Dans un secteur vital pour l’avenir du pays, la concentration des responsabilités sur une seule personnalité peut devenir un facteur de vulnérabilité.
Une figure incontournable, mais pas une solution miracle
Camelia Ntoutoume Leclercq incarne la rigueur et l’expérience, des qualités essentielles pour un ministère stratégique. Mais sa longévité, admirée par certains, révèle aussi les limites structurelles de l’Éducation nationale gabonaise. Sa carrière illustre la tension permanente entre stabilité, compétence et nécessité de réformes profondes pour préparer l’avenir.




